
That is the question.
Anathème préféré des cercles d’architecture dès qu’un projet s’inspire du passé, ce terme est trop souvent employé pour s’éviter une réflexion plus poussée.
Un pastiche est une œuvre créée dans l’esprit d’un courant d’une autre époque, au point de pouvoir faire croire qu’elle lui appartient. Ainsi, dès qu’une évolution technique ou formelle rend l’édifice impossible à dater d’une période antérieure, on sort du pastiche.
Les vrais pastiches sont d’ailleurs rares : depuis un siècle, les modes constructifs et les exigences de confort ont trop transformé les façades pour qu’une illusion d’époque reste crédible. Qualifier de pastiche un immeuble aux terrasses et aux balcons nettement contemporains est donc peu rigoureux.
Pourtant, dès qu’une construction refuse la rupture ostentatoire ou assume quelques ornements, le mot réapparaît dans le but de la disqualifier.
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L’histoire des villes s’est pourtant faite par couches successives : innover tout en traitant les styles antérieurs comme une ressource. Un langage hérité est un pragmatisme qui reprend les savoirs et les formes ayant fait leurs preuves.
Dans toute discipline, s’appuyer sur l’ensemble des acquis, anciens ou nouveaux, va de soi. Pourtant en architecture, ce principe de continuum est réfuté par une corporation qui se pose le devoir de se distinguer du passé. Ce qui n’est pas tant une exigence de vérité qu’un dogmatisme poussant à la table rase.
C’est ainsi qu’une part de la production contemporaine n’a, au final, d’autre mérite que d’afficher sa rupture.
Le débat architectural devrait distinguer l’imitation trompeuse de la reprise critique et actualisée d’un langage. Refuser cette nuance, c’est s’aveugler sur la manière dont les villes admirées aujourd’hui ont réellement duré.
