[Samaritaine] Le retour de la marquise

À la Belle Époque, la concurrence entre les grands magasins ne se limitait pas à la simple offre commerciale. Ils mettaient en scène tout un quartier, avec leurs extérieurs et intérieurs féériques. Et à leur seuil, un élément simple mais primordial : la marquise.

Cet auvent de verre et de métal permettait aux promeneurs de découvrir les collections sans même pousser la porte. Aussi un refuge à chaque averse, avec le spectacle de la pluie et des vitrines comme seules distractions.

Pour les fêtes, un incontournable qui, encore aujourd’hui, attire chaque jour des milliers de curieux sensibles au charme de Noël. Le Printemps Haussmann l’a bien compris.

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Mais au cours du XXe siècle, l’architecture contemporaine a voulu tout épurer. Tout. Il fallait des façades lisses, et tant pis pour les commodités. Une logique d’inversion des valeurs et de l’esthétique pour le moins… discutable.

La rénovation de la Samaritaine achevée en 2021 suit jusqu’au bout cette logique : une vaste vitrine épurée, dépourvue même d’entrée au sens symbolique (il n’y a que des accès). Pas de transition entre la rue et le commerce, on passe de l’extérieur à l’intérieur sans seuil. Sans respiration, ni invitation.

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La philosophie de Regard Naïf estime qu’envisager le futur, c’est aussi réactiver des évidences oubliées.

La marquise n’est pas un détail du passé, mais une idée pour demain :

  • faire du seuil un lieu accueillant,
  • redonner de l’épaisseur à la ville,
  • réconcilier commerce et promenade.

Avec une portion de rue accueillante et animée, le client entre dans le magasin avant même qu’il ne franchisse la porte.

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