Il est urgent de réformer la profession d’architecte

Rénovation du château de Tournepuits, Guînes

Nous avons tous en tête de nombreux exemples consternants de constructions ou de rénovations ratées. Cette toiture de château remplacée par une boite en carton – qui a déjà suscité de nombreuses réactions – illustre parfaitement cet effondrement esthétique et qualitatif du métier.

Bien sûr, on pourrait invoquer un loupé ou une brebis galeuse, comme dans n’importe quel domaine. Mais à ce niveau de dysfonctionnement, il n’est plus possible de fermer les yeux.

Comment un architecte dont le métier est réglementé, encadré par des formations longues et des règles strictes, peut-il en arriver là ?

  • Des normes trop contraignantes ?
  • Une formation qui a perdu en exigence, et qui tolère, voire valorise, ce type d’« art » ?
  • Une corporation tenue par une idéologie dominante, héritée d’un siècle de rejet systématique de l’ornement et de l’identité traditionnelle, qui confine au nihilisme architectural ?

L’impact est dramatique : nos villes et nos paysages se remplissent d’une médiocrité généralisée, qui nourrit un sentiment de déclassement collectif, fait perdre les repères partagés et affaiblit le goût de la transmission.

C’est tout aussi préjudiciable pour les architectes eux-mêmes. Longtemps considéré comme un métier d’excellence qui a produit des merveilles, il est aujourd’hui galvaudé, et risque fort d’être remplacé par l’IA s’il ne retrouve pas sa noblesse humaine, son sens du beau utile et son lien profond avec les lieux et les gens.

Ce débat doit se tenir, et sans tabou. La profession en a besoin. La société aussi.

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