À Leers, la campagne municipale s’est cristallisée autour d’une question simple : que faire de l’ancienne friche textile au cœur de la ville ?
Deux visions.
La majorité sortante proposait :
Tout raser pour construire des logements
Garder uniquement la tour… pour en faire une buvette
Le collectif Vivre à Leers a porté une autre ambition :
Créer un véritable cœur de ville : habitat diversifié, espaces publics de qualité, économie locale et services de proximité
Réhabiliter le site en respectant l’histoire du lieu, avec de nouveaux bâtiments harmonieux
Transformer l’ensemble en un « monument de vie », à forte valeur patrimoniale, capable de faire rayonner la ville
Avec l’aide de Regard Naïf et d’Urgences Patrimoine, un projet citoyen a pris forme.
Comprendre ses citoyens, c’est reconnaître que leur ville est une part de leur existence. Elle se doit d’être belle, et digne d’être transmise aux générations futures.
📊 Résultat : 55,05 % dès le premier tour, soit le double du score des dernières élections.
Bravo à Jérémy Rotsaert et à toute l’équipe de Vivre à Leers pour cette fabuleuse campagne !
Bien que son apparence donne à redire, il est là. Maintenant, il s’agit d’harmoniser l’urbanisme fragmenté de ce quartier.
Un vide béant persiste sur le flanc Est de cet édifice, le séparant de la Coulée verte René-Dumont et laissant apparaître l’arrière peu flatteur de l’hôpital des Quinze-Vingts sur la rue.
Depuis bientôt 40 ans, ce « trou » dans le tissu urbain, qui mérite d’être comblé avec intelligence et cohérence.
Dans cette démarche, un concours international d’architecture a été lancé il y a quelques mois pour aboutir à un projet lauréat sur septembre 2026, avec une inauguration prévue pour 2030.
L’enjeu ? Des espaces supplémentaires avec une extension qui fasse la jonction :
Rendre la Coulée Verte vraiment accessible. Aujourd’hui, elle s’arrête brutalement avec un escalier peu pratique et l’ascenseur le plus proche est à 500 m et souvent en panne,
Masquer cette vue sinistre sur l’hôpital depuis la rue,
Respecter l’esprit post-moderne de cet opéra, avec si possible plus de finesse et un peu d’identité parisienne,
Intégrer harmonieusement la brique emblématique de la Coulée verte et sa fibre ferroviaire pour parfaire la couture urbaine.
Gageons que le projet lauréat saura répondre à ces exigences essentielles, avec un résultat travaillé et créatif. Pour éviter qu’un cube n’en cache un autre.
L’architecte Xavier Bohl propose la création d’une grande place du Louvre, rétablissant l’entrée historique par la Colonnade comme porte principale du musée.
Cette vision enrichit considérablement l’expérience des visiteurs :
Mise en valeur de la Colonnade Perrault,
À l’arrivée du pont, par les portes latérales, des accès descendants pour l’accueil du public,
Aménagement d’un vaste espace souterrain sous la cour Carrée, en connexion directe avec la grande galerie du Carrousel du Louvre.
Les bus et taxis congestionnant actuellement les abords seraient redirigés vers un parking souterrain dédié, accessible depuis la place de la Concorde via le tunnel des Tuileries, avec maintient de la balade piétonne grâce au quai François Mitterrand qui suit un tracé parallèle. Évolutif, cet espace pourrait, selon les besoins futurs, se transformer en extension du musée avec un accès supplémentaire depuis la voie Georges-Pompidou.
Cette nouvelle place rectangulaire complèterait l’urbanisme du lieu en :
Répondant aux besoins de verdure par un jardin à la française, structurant visuellement la Colonnade, la mairie, le beffroi et l’église Saint-Germain-l’Auxerrois,
Se référant à l’histoire de la forteresse médiévale par la remise en eau et l’agrandissement des douves, bordées par des plantes aquatiques et surplombées par la place dessinée avec des angles traités comme des tourelles de fortification,
Offrant enfin un point de fuite concret depuis la rue du Louvre jusqu’à la Seine, avec un belvédère garantissant un panorama exceptionnel sur les quais,
Aménageant des escaliers vers les quais et, potentiellement, une gare fluviale.
Dépassant la simple considération de la capacité d’accueil du musée, cette proposition s’inscrit pleinement dans les exigences du lieu, solennelle et sans rupture, prolongeant avec respect la longue histoire du Louvre et de son quartier.
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Architecte formé auprès de François Spoerry (Port Grimaud), Xavier Bohl fonde son atelier en 1999 et y développe l’approche de l’architecture douce, portée sur le respect du site et de l’échelle humaine. Il réalise en France et à l’international des projets d’architecture et d’urbanisme, dont des opérations de rénovation urbaine emblématiques comme la Cité-Jardins du Plessis-Robinson, primée en 2008. En 2025, il co-fonde le think-tank Pour une Renaissance Urbaine.
Avant/après Chapelle Saint Joseph de LilleBibliothèque universitaire de l’Arsenal / des Godrans
Un étudiant se nourrit non seulement du savoir des livres et de ses professeurs, mais s’imprègne aussi de l’environnement de l’établissement qui en exprime sa philosophie.
D’un côté, l’architecture de la transmission, ancrée dans une longue histoire. Bien souvent un lieu historique, ou plus occasionnellement une réalisation récente ayant intégré ses codes, en totalité ou en partie :
Éveiller par le Beau, la lumière, l’aération, les détails ornementaux et les matériaux nobles,
Sédimenter les époques et créer un imaginaire,
Entrer dans la mission séculaire d’apprendre puis de transmettre,
Dépasser l’ego, encourager la fraternité intellectuelle et la continuité des générations.
De l’autre côté, une vision fonctionnaliste et moderniste, avec des espaces aseptisés, neutres, cloisonnés derrière des murs de béton ou de verre, offrant un tout autre inconscient :
Siloter les cours en cursus pour répondre à des critères administratifs,
N’exprimer aucun commun, cloisonner les esprits dans des logiques individuelles,
Ignorer la longue Histoire, jeter l’illusion que les racines et la transmission importent peu,
Promouvoir un style international né dans les années 1920, abstrait, standardisé, vecteur d’une logique de rationalisation extrême et de réification de l’être.
Bien sûr, le façonnement de l’esprit reste avant tout une affaire personnelle et humaine.
Mais tout lieu de la connaissance exerce une influence subtile et notable sur l’esprit.
Si l’architecture n’impose pas la pensée, elle la conditionne discrètement.
Invité de l’émission Le Figaro TV, Bienvenue en Île de France du 29 janvier 2026, j’ai défendre le projet de Regard Naïf et faire le point sur le projet retenu, qui malheureusement n’est pas à la hauteur des enjeux civilisationnels, environnementaux et même économiques. Décryptage.
Longtemps, le point culminant des villes était réservé aux églises, aux cathédrales, aux centres de pouvoir. Ils incarnaient des valeurs, un idéal collectif, une vision partagée.
Arrive la Tour Montparnasse, renouvelant le récit de la capitale de la France jusqu’alors représenté par :
Notre-Dame de Paris, emblème d’un pays fille ainée de l’Église
Le Sacré Cœur, pardonnant les tumultes d’un peuple
La Tour Eiffel, phare d’un pays novateur et industriel
Avec cette tour culminant à 209 mètres, ses concepteurs ont pris grand soin de :
Ne l’aligner avec aucun axe parisien,
Affirmer un style en rupture absolue avec tout le patrimoine environnant,
N’exprimer aucune identité, ni idéal.
Ainsi a été décidé dans les années 60-70 d’ériger un nouvel imaginaire : le nihilisme.
Couper la tradition du temps long, refuser de transmettre.
50 ans plus tard notre pays se cherche, réclame des repères, un avenir.
Et pourtant, la rénovation décidée pour ce pinacle entérine cette négation, 12 mètres plus haute, à rebours des aspirations de notre époque.
Un bâtiment durable est avant tout un bâtiment qui dure dans le temps.
Entre 60 et 90 % de l’impact carbone d’un édifice est généré lors de ses phases de construction et de démolition.
La rénovation intégrale de la Tour Montparnasse et de son îlot commercial – ne conservant que l’ossature en béton de la tour – n’échappe pas à cette réalité, tant son ampleur est considérable.
Depuis sa construction, la polémique liée à son existence n’a jamais disparu. Dès lors, comment imaginer qu’une rénovation conservant une apparence similaire la rende enfin acceptable ?
Un bâtiment accroît ses chances de traverser le temps lorsqu’il suscite un attachement particulier, par son esthétique ou par la mémoire valorisante qu’il incarne.
Or cette tour ne réunit aucune de ces qualités et, si la rénovation à venir respecte une chose, c’est bien cette double négation.
Il est donc à parier que cette transformation appellera, à terme, une nouvelle intervention, voire une démolition, entraînant un gaspillage financier et écologique.
Les centres commerciaux parisiens connaissent des temps difficiles et pourtant, les leçons ne sont toujours pas tirées.
Deux exemples récents : – Les Ateliers Gaîté (Montparnasse), rénovés en 2022 pour 500 M€ → 10 fermetures d’enseignes dès les deux premières années. – La Samaritaine, partiellement détruite et reconstruite en 2021 pour 750 M€ → 110 M€ de pertes cumulées en deux ans.
Pourtant, certains lieux continuent d’attirer : – Le Printemps Haussmann conserve une solidité financière malgré une baisse ponctuelle imputable aux crises sociales et sanitaires. – Le Bon Marché, avec un résultat net de 41 M€ en 2024, montre que l’expérience haut de gamme paie.
La différence ? Mettez-vous à la place d’un touriste venu de loin pour faire ses emplettes à Paris.
Face à des prix parisiens, préféreriez-vous :
1️⃣ Acheter dans un espace neutre, interchangeable, sans décor ni âme ?
2️⃣ Pousser la porte d’un édifice Belle Époque et vous laisser sublimer par son impressionnante verrière ?
Ce choix, pourtant évident, a été ignoré pour rénover l’îlot Maine-Montparnasse. Des centaines de millions d’euros seront investis pour démolir le vieux centre commercial désaffecté au pied de la tour et le remplacer par du neuf purement fonctionnel.
Pourtant, si ses promoteurs avaient osé renouer avec le charme parisien, les foules se seraient déplacées pour découvrir cette curiosité et y auraient, au détour de leur balade, dépensé leurs devises.
Valoriser le patrimoine industriel dans un équipement sportif moderne est une intention rare et louable. Pourtant, dans ce futur stade du Birmingham City Football Club, ces cheminées postiches laissent perplexe.
Le problème principal réside dans la répétition ostentatoire : douze cheminées géantes qui ceinturent le stade, lui conférant un aspect massif, presque absurde. On croirait le résultat d’un prompt IA appliqué de manière trop littérale.
L’idée de revendiquer une identité locale est excellente en soi, mais elle gagnerait à être traitée avec plus de subtilité et de retenue. Quelques pistes qui auraient pu enrichir et affiner ce projet :
rationaliser les cheminées pour accorder à chacune un usage réel (ascenseur panoramique, tour de ventilation, plateforme médiatique) et une valeur cardinale, limitant ainsi l’effet purement décoratif et ostensible ;
en faire les piliers d’une entrée majestueuse d’inspiration victorienne, tout en utilisant la brique de manière plus sobre sur les côtés pour rappeler les structures industrielles de la région ;
s’inspirer plus directement de bâtiments emblématiques de Birmingham, comme le Bell Edison Telephone Building.
Cf. la photo alternative (réalisée par assistance IA et retouches manuelles). Elle ne prétend pas constituer un résultat définitif, mais illustre ces pistes d’amélioration tout en conservant l’esprit initial du projet.
Le travail d’un architecte ne peut se contenter d’empilements de blocs fonctionnels ou décoratifs. Il doit retrouver le sens de l’excellence à travers une étude fine des proportions, une compréhension profonde du patrimoine local et un dosage subtil des références. C’est à ces conditions qu’émergera une narration raffinée, cohérente et capable de résister aux effets de mode.
S’imprégner des traditions et des coutumes dès l’atterrissage : tel est le pari du futur aéroport international de Gelephu, au Bhoutan.
Un aéroport est bien souvent la principale porte d’entrée d’un pays. Il constitue le premier ressenti du visiteur et, à ce titre, devrait offrir une image soignée et signifiante. Les architectes des gares du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle l’avaient parfaitement compris : leurs édifices, véritables emblèmes des villes-étapes, ont donné naissance à un patrimoine ferroviaire d’une grande richesse.
Les aéroports, apparus plus tard, n’ont pas bénéficié de ce même destin. Ils se sont développés à une époque où l’architecture était déjà devenue largement « hors sol », donnant naissance à des terminaux fonctionnels et interchangeables, parfois spectaculaires, mais souvent déconnectés de la culture que les voyageurs aspirent pourtant à découvrir. Quant au trajet vers le centre-ville, il est bien souvent préférable d’y détourner le regard.
Au Bhoutan, petit royaume montagneux enclavé entre l’Inde et la Chine, le choix est tout autre. En collaboration avec l’agence BIG (Bjarke Ingels Group), le pays porte un projet architectural profondément attentif à l’identité, à la tradition et au bien-être :
une forme globale en treillis ondulant, évoquant les reliefs de l’Himalaya ;
une structure ornée de sculptures inspirées des « Kachen », dragons symbolisant le passé, le présent et le futur du Bhoutan, réalisées par des artisans locaux ;
des esplanades et des espaces intérieurs plantés d’espèces végétales indigènes ;
une architecture modulaire, pensée pour évoluer dans le temps et intégrée à un projet urbain plus vaste et cohérent : le « Gelephu Mindfulness City », imaginé pour célébrer la culture bhoutanaise en harmonie avec son environnement forestier.
Une réalisation à venir, déjà porteuse de fierté pour tout un peuple : voilà l’ambition à laquelle devrait prétendre l’architecture de demain !
Et si on dépassait la simple rénovation fonctionnelle ? En métamorphosant la tour avec un style éclectique Art Déco et gothique, plus compatible avec le paysage parisien, et une symbolique multiple :
🗼 Un sommet coiffé d’une toiture élancée, clin d’œil assumé à la Tour Eiffel.
🤍 Une façade devenue blanche, référence au Sacré-Cœur, et adaptée aux futures canicules.
⛪ De grandes baies gothiques inspirées de la cathédrale Notre-Dame.
🌿 À sa base, un jardin d’un hectare, le « Mont Parnasse », clin d’œil au quartier éponyme et à la mythologie grecque, dans un endroit manquant d’espaces verts.
🏛️ Devant la rue de Rennes et le boulevard Montparnasse, la façade de la gare historique, détruite en 1969 et reconstruite à son emplacement d’origine, pour abriter un nouveau complexe commercial, la piscine Armand Massard déjà existante, et une gare routière souterraine aujourd’hui située à l’air libre et source de nuisance.
Grâce à cette transformation, ce quartier retrouverait son âme haussmannienne. Devenant un nouveau lieu de rencontres pour les parisiens et les touristes avec un parcours piétons pour flâner, de la rue de Rennes jusqu’à la gare actuelle, et jalonné de bâtiments remarquables, statues, ponts suspendus, terrasses, fontaines, et de jardins.
Regard Naïf porte un message fort : dépasser la vue court-termiste de notre temps en envisageant une rénovation qui traverse les siècles. Car si on veut réellement minimiser notre empreinte carbone et redonner à notre société des repères, il faut retrouver comment construire pour transmettre. Pourquoi alors ne pas commencer dès maintenant avec une Tour Montparnasse enfin belle et durable ?
On sait qu’un ordre en place est aux abois lorsqu’il voit les voix dissidentes comme extrémistes. Dans cette tribune des Échos, des acteurs du BTP nous laissent le choix entre le camp du bien, le leur, ou affronter leur opprobre en optant pour le camp du mal.
On a beau lire et relire ce plaidoyer, rien de nouveau sous le soleil. Pire : avec un florilège de sophismes et d’arguments manichéistes, ce texte joue sur nos émotions pour tenter de prolonger leur « business as usual », aujourd’hui grippé.
Ils l’affirment, donc croyons-les : ce débat ne peut se résumer qu’à un choix binaire. Dire « oui », c’est sauver la veuve et l’orphelin de la rue, représentés ici par les étudiants et les femmes en phase de séparation. Comment osez-vous être contre ? Et construire en masse permet même de lutter contre la spéculation ! Ce qui est en partie vrai pour l’économie locative, mais ils oublient de préciser que cela alimente tout autant une autre spéculation : celle du BTP et de la finance. Quant à leur exemple, aller chercher jusqu’aux États-Unis, pays du tout-voiture avec bien d’autres enjeux différents des nôtres, est quand même une démonstration par la preuve un peu ténue.
L’argument le plus grotesque arrive quand ils affirment être les vrais écolos. Commençant par vilipender les opposants à la bétonneuse, ils finissent par un virage improbable en expliquant que leur modèle est bénéfique pour la planète. Car, après tout, les friches et la rénovation sont moins impactantes que le bétonnage en neuf (qu’ils assument pleinement de faire aussi). Ouf, le vernis écolo est posé ! Ce qui leur permet de ré-embrayer dès le paragraphe suivant sur d’abondance : après tout, les limites physiques de la planète importent peu.
Juges et parties de leur analyse, ce plaidoyer trahit un manque de vision révélateur : continuer à construire en masse et coûte que coûte pour prolonger un modèle hérité de l’après-guerre, pourtant à bout de souffle.
NIMBY OU YIMBY, IS THERE A TROISIÈME SOLUTION ??!!
Pour reprendre leur logique d’acronymes anglophones, une posture plus sage serait celle du « PIMBY » (Perhaps In My Backyard). Une position qui prend réellement de la hauteur sur les besoins actuels, et qui implique notamment de :
Appliquer les principes du nouvel urbanisme, afin de sortir d’une simple réponse quantitative à un besoin immédiat en construisant pour le long terme, et favoriser intelligemment la mixité sociale, le bien-être, la vie locale et le sentiment d’appartenance ;
Anticiper les besoins des prochaines décennies : en 2025, la France a entamé sa décrue démographique. L’évolution de sa population (et donc du besoin en logements) devient un enjeu politique majeur et le restera certainement tout au long du XXIᵉ siècle, car dépendante de variables aussi sensibles que la natalité et les migrations ;
Acter le début de la Grande Transmission : la mise massive sur le marché, dans les vingt prochaines années, des biens immobiliers hérités de la génération des soixante-huitards va bien sûr impacter l’offre de logements ;
Réaliser que l’abondance est finie. Les matières premières seront de plus en plus sources de tensions, et leur gestion sera à la fois un sujet réellement écologique, mais surtout géostratégique.
Mesdames et Messieurs les cosignataires de cette tribune, si on vous écoutait en vous laissant continuer à construire à tout va, on se retrouverait dix ans plus tard avec une offre incohérente avec la réalité. Votre modèle est condamné. Vous pouvez en forcer le maintien, mais plus dure sera sa chute. Il serait temps de prendre en compte la réalité de notre siècle.
Construire du neuf, oui, mais de manière bien plus raisonnée, selon les besoins de chaque territoire, avec des habitats porteurs d’une véritable valeur, à la fois fonctionnelle et patrimoniale. C’est à ce prix que vous sortirez du schéma de la croissance d’après-guerre aujourd’hui révolu, et que vous devrez tirer les conclusions de ce gigantesque parc immobilier créé pour répondre à des besoins immédiats, et qui finira en grande partie délabré faute d’avoir été conçu pour traverser les siècles.