



S’imprégner des traditions et des coutumes dès l’atterrissage : tel est le pari du futur aéroport international de Gelephu, au Bhoutan.
Un aéroport est bien souvent la principale porte d’entrée d’un pays. Il constitue le premier ressenti du visiteur et, à ce titre, devrait offrir une image soignée et signifiante. Les architectes des gares du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle l’avaient parfaitement compris : leurs édifices, véritables emblèmes des villes-étapes, ont donné naissance à un patrimoine ferroviaire d’une grande richesse.
Les aéroports, apparus plus tard, n’ont pas bénéficié de ce même destin. Ils se sont développés à une époque où l’architecture était déjà devenue largement « hors sol », donnant naissance à des terminaux fonctionnels et interchangeables, parfois spectaculaires, mais souvent déconnectés de la culture que les voyageurs aspirent pourtant à découvrir. Quant au trajet vers le centre-ville, il est bien souvent préférable d’y détourner le regard.
Au Bhoutan, petit royaume montagneux enclavé entre l’Inde et la Chine, le choix est tout autre. En collaboration avec l’agence BIG (Bjarke Ingels Group), le pays porte un projet architectural profondément attentif à l’identité, à la tradition et au bien-être :
- une forme globale en treillis ondulant, évoquant les reliefs de l’Himalaya ;
- une structure ornée de sculptures inspirées des « Kachen », dragons symbolisant le passé, le présent et le futur du Bhoutan, réalisées par des artisans locaux ;
- des esplanades et des espaces intérieurs plantés d’espèces végétales indigènes ;
- une architecture modulaire, pensée pour évoluer dans le temps et intégrée à un projet urbain plus vaste et cohérent : le « Gelephu Mindfulness City », imaginé pour célébrer la culture bhoutanaise en harmonie avec son environnement forestier.
Une réalisation à venir, déjà porteuse de fierté pour tout un peuple : voilà l’ambition à laquelle devrait prétendre l’architecture de demain !
