
A jamais le symbole d’un Paris brutalisé. Depuis leur construction, la tour Montparnasse et son centre commercial sont sources de controverses et de rejets. A tel point que ses commerces finissent par fermer, dans ce quartier pourtant si passant et vivant.
Dans l’espoir d’un nouveau souffle, l’équipe d’architectes Nouvelle AOM a été retenue pour une rénovation intégrale. Si le projet ambitionne de moderniser l’ensemble, il fait le choix de conserver la forme d’origine de la tour tout en la rehaussant de 18 mètres. Une réponse fonctionnelle qui répète les mêmes erreurs :
- Affirmer la brutalité : ce projet fige dans l’horizon une silhouette maintes fois primée au palmarès des bâtiments les plus laids au monde, et dont la perception ne s’adoucit pas avec le temps.
- Repousser les amoureux de Paris : à l’instar de la Samaritaine, où 750 M€ de travaux ont également été consacrés pour imposer dans la rue Rivoli une vitrine géante flambant neuve mais que les acheteurs délaissent, préférant goûter à l’authenticité du Printemps, du Bon Marché ou du boulevard Saint-Germain.
Cette rénovation appelle mécaniquement à une solution ultérieure avant même d’être démarrée.
Quelles alternatives ?
- Beaucoup souhaitent sa démolition, solution cependant inenvisageable pour ses propriétaires.
- Une autre approche est celle de l’identité retrouvée. Plutôt qu’un simple habit de verre, pourquoi ne pas métamorphoser l’ensemble en un lieu unique, enrichi d’une symbolique qui l’intégrerait à sa juste place ? C’est la proposition portée par Regard Naïf : faire de la Tour Montparnasse un monument parisien (Regard Naïf – Montparnasse 2030).
Hélas, l’option choisie se cantonne à ne retenir de la tour que son seul atout : son observatoire. Car, pour reprendre la phrase de Maupassant, « c’est le seul endroit de la ville d’où on ne la voit pas ».
